Le phare est seul comme le génie. Le phare possÚde l'harmonie d'une architecture parfaite et la rigueur d'un chiffre. Le phare dissipe l'équivoque mortelle des nuits en mer :
Le phare est seul comme le gĂ©nie. Le phare possĂšde l'harmonie d'une architecture parfaite et la rigueur d'un chiffre. Le phare dissipe l'Ă©quivoque mortelle des nuits en mer : il est l'Ă©tincelle d'intelligence prĂ©cise qui brille dans le dĂ©sordre de la nature. Le phare est donc devenu symbole. Mais quoique la clartĂ© n'engendre pas le mystĂšre, le phare sue toujours le mystĂšre, parce qu'il est le tĂ©moin muet de la tempĂȘte et de la mort, et qu'il est nĂ© lui-mĂȘme de la mort. Le mĂȘme Ă©clat qui trahit salutairement l'Ă©cueil, veille pour les Ăąmes de plusieurs bordĂ©es de fantĂŽmes. La lumiĂšre protĂšge la vie en Ă©voquant le trĂ©pas. Ă PROPOS DE L'AUTEUR Emile Condroyer, nĂ© en 1897 et mort en 1950 est un journaliste, notamment au Petit Parisien, et romancier français. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur la mer et la pĂȘche. En 1933, il reçoit le prix Albert-Londres, qui rĂ©compense depuis cette annĂ©e-lĂ les meilleurs grands reporters francophones.